“We became gamers during the first Intifada”
« On est devenus des gamers durant la première Intifada »
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Interview with Khaled Abu Al Kheir, co-founder of the video game studio Pinchpoint. 

You released your first game, Spermania, in September 2014. How did this project come to be? 

Khaled Abu Al Kheir: In August 2013, with three other friends, we wanted to create a video game. We rented a shabby little office and we went straight to work. One of us suggested we create a sperm race. It was the best idea we’d had so far! We watched a couple of documentaries and started working. We joined a start-up program and we found an investor. After several months of production and beta testing, the game was ready. Spermania came out in July 2014.

 

How was the game received? 

KAK: Good, overall. People thought the theme of the game was funny… and we were the talk of the town. We had 25 000 players, there was a lot of critical acclaim, but Apple refused to distribute it on their platform. We understood then that the game would never be profitable. We had to think about the next step.

What projects do you have underway? 

KAK: We changed strategies. We decided to create a database of of games. We develop prototypes, we test them out, we see what the reactions are and we develop those who seem to have the best potential. We are currently working on Tranquillo, a reflexion game for two players and on Al Mamlaka, our next big project, a card game for countries in the Middle-East.

Is Palestine a market for video games? 

KAK: It’s complicated. Since the fall of 2013, we are allowed to register on the Apple platform to publish video games but Palestine can’t be a target market. Online payment is not available here. You can’t use a Palestinian credit card to pay on the Apple platform or via Paypal. Al Mamlaka is geared towards the Gulf and the Maghreb. There are very few developers in the Middle East who gear their games toward the Arab region. But we want to change things.

How did you become a gamer? 

KAK: I think that, like all Palestinians of our generation, we became huge gamers during the first Intifada. Schools were shut down; we were stuck inside with a lot of time on our hands. We played six, seven hours a day. We cut back since… but we never stopped.

 

Rencontre avec Khaled Abu Al Kheir, co-fondateur du studio de jeux vidéo Pinchpoint. 

En septembre 2014, vous avez sorti votre premier jeu vidéo, Spermania. Comment est né ce projet ? 

Khaled Abu Al Kheir : En août 2013, avec trois copains, on a eu envie de créer un jeu vidéo. On a loué un bureau un peu miteux et commencé à plancher. L'un de nous a proposé de créer une course de spermatozoïdes. C'était la meilleure idée ! On a regardé des documentaires, et commencé à bosser. On a intégré un programme pour les start-ups et trouvé un investisseur. Après plusieurs mois de production et de tests, le jeu était prêt. Spermania est sorti en juillet 2014.

 

Comment a-t-il été reçu ? 

KAK : Globalement bien. Le thème du jeu a fait rire les gens... et a fait causer. On a atteint 25 000 joueurs, il y a eu beaucoup d'échos, mais Apple a refusé de le distribuer sur leur plateforme. A  ce moment là, on a compris qu'il ne serait jamais rentable. Il fallait penser à la suite.

Quels sont les projets en cours ? 

KAK : Changement de stratégie. On a décidé de créer une banque de jeux pour mettre toutes les chances de notre côté. On développe des prototypes, on les teste, on évalue les réactions et on mise sur ceux qui ont le plus fort potentiel. Actuellement, on travaille sur Tranquillo, un jeux de réflexion en binôme et sur Al Mamlaka, notre prochain gros projet, un jeu de cartes pour les pays du Moyen-Orient.

La Palestine représente un marché pour le jeu vidéo ? 

KAK : C'est compliqué. Depuis l'automne 2013, on peut enfin s'enregistrer sur la plateforme d'Apple pour publier des jeux, mais la Palestine ne peut pas être un marché cible. Le système de paiement en ligne n’est pas disponible ici. Il est impossible d'utiliser une carte de crédit palestinienne pour faire des achats sur les plateformes Apple ou via le système Paypal. Avec Al Mamlaka, nous visons plutôt les pays du Golfe et du Maghreb. Actuellement, peu de développeurs au Moyen-Orient destinent leurs jeux à la région arabe. Mais on compte bien faire évoluer les choses.

Comment êtes-vous tombés dans le jeux vidéo ? 

KAK : Je crois que, comme tous les Palestiniens de notre génération, on est devenus de gros gamers durant la première Intifada. Les écoles étaient fermées, on était cloîtrés à l'intérieur avec beaucoup de temps à occuper. On jouait six, sept heures par jour. Depuis, on a réduit... mais on n'a jamais arrêté.