Job description: glass blower
Profession : souffleur de verre
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The Nashmet have been glass blowers for generations. Emad is the latest in this long, centuries-old, line of craftsmen.

Emad Nashmet is built like a boxer, but his movements are as fluid as those of a harp player. In his workshop, open on the street, the fresh air of the end of day doesn’t manage to lower the hellish heat. Entirely indifferent to the heat coming from the two furnaces in front of him, Emad uses his left foot to activate a wooden pedal, similar to that of vintage sewing machines. He opens and closes the wooden shutter, behind which he plunges his hand to take a burning ball. It looks like lava more than it does glass, at this point. In fifteen or thirty minutes’ time, depending on the object he has to make, Emad transforms this lava ball into a jug, a cup, a bowl. His concentration is such that you realize the job isn’t as easy as it looks. “Not everyone can do this job,” says Emad, as he adds a graceful handle to his latest creation. “I learned by watching my father, but if I took someone off the streets to teach him, he’d need ten years before he could master the basics.” Pretty much the time it takes for one to start learning Arabic, I point out. Emad laughs. The Nashmets are glass blowers from father to son, and have been so for more than three centuries. Behind him, black and white pictures of the dynasty: they are descendants of Venetian glass blowers who passed by Hebron in the XIVth century. One of the pictures even shows President Carter visiting his workshop. 

Chez les Nashmet, on devient souffleur de verre de père en fils depuis le siècle de Dante. Emad est le dernier héritier en titre de cette dynastie pluri-centenaire. Rencontre.

Du boxeur, Emad Nashmet a la carrure mais ses gestes sont fluides comme ceux d'un harpiste. Dans son atelier ouvert sur la grande rue, l'air frais de la fin de journée ne parvient pas à faire baisser la température infernale. Indifférent à cette chaleur qui émane des deux fours face à lui, Emad active du pied gauche une pédale en bois, similaire à celles des anciennes machines à coudre. Ainsi il ouvre et referme le volet de bois derrière lequel il va piocher une boule de matière brûlante. A ce stade, cela ressemble plus à de la lave qu'à du verre. En quinze minutes, trente minutes, selon la nature de l'objet et la commande du jour, Emad la transforme en carafe, en tasse, en coupe avec une concentration dense qui laisse penser que peut-être, le métier n'est pas aussi facile qu'il en a l'air. « Tout le monde n'est pas fait pour ça, confie Emad alors qu'il vient d'ajouter une anse gracieuse à sa dernière création. Moi, j'ai appris en regardant faire mon père, mais si je prenais quelqu'un au hasard dans la rue pour le former, il en aurait pour dix ans avant de maîtriser les bases ». Comme pour l'apprentissage de l'arabe, en fait ? Emad rit. Dans la famille Nashmet, on devient souffleur de verre de père en fils depuis plus de trois siècles. Derrière lui, des photos en noir et blanc témoignent de la dynastie à laquelle il appartient, née du passage de souffleurs de verre vénitiens à Hébron, au XIVème siècle. Sur l'une d'elles, on peut même voir le président Carter visitant son atelier.