The old city and the apartheid
Hébron, la vieille ville et l'apartheid
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In the service taxi from Jerusalem, Ramallah or Bethlehem, the traveller will think back, slightly nonplussed, about the piece of advice imparted by everyone, the You’ll sees said with a knowing look. On this meandering road, in between the vine-covered hills, it is difficult to imagine what the city of apartheid will look like. Just like Jerusalem, Hebron suffers from its wealth in the history of monotheism. Its identity was built around the claims of different religions regarding the Patriarchs’ Tomb, where the prophet Abraham, his wife Sara, their son Isaac and their grandson Jacob, along with their wives Rebecca and Leah, are supposed to be resting. This history of violence culminated in the 90s with the slaughter of dozens of Muslims in the Ibrahimi Mosque by Baruch Goldstein, an extremist from a neighbouring settlement.

Since then, agreements have been made: the Hebron Agreements of 1997. The city is now divided in zones: H1 is under Palestinian authority and H2 under Israeli authority. A civilian observation mission was created: TIPH, or Temporary International Presence in Hebron. Their members are often seen roaming the streets, their cameras on hand. 2000 soldiers are posted in the settlements neighbouring the centre – 2000 soldiers for 500 settlers, i.e four soldiers per person.

The old city is a fragile buffer between two irreconcilable sides: this is the place where one should start a visit. It is possible to go there by oneself, but for contextualization, we recommend to get in touch with one of the associations that offer guided tours. Breaking the silence is composed of IDF veterans, some of which where in Hebron. You can be part of a group that leaves from Jerusalem in the morning and goes back in the afternoon, but you have to register very early. Hebron Rehabilitation Committee and Hébron France also offer guided tours that start in the centre of Hebron.

In the souk, silence reigns as we approach the Ibrahimi mosque. Metal gates, like those of all the checkpoints in the area, control the passage to the religious site. Passports are usually asked at the entrance: only the foreigners with a name that isn’t Jewish or Muslim can go in. A former roman church turned into a Mosque under the Umayyad dynasty and whose size was increased under the Abbasids, the Fatimids and the Crusaders, Ibrahami is cut in half nowadays: a mosque on one side and a synagogue on the other; both are separated by Abraham’s tomb. From the inside, the two spaces are separated by thin wooden doors, which means one can hear the Jews praying from the Mosque and the Muslims praying from the synagogue. Despite its splendour, most people inside don’t pray but chat, sing, socialize, in stark contrast with the tense atmosphere that pervades the street, symbolized by the constant and anxiety-inducing beeping of the checkpoint.

Part of Chouhada street, the main street of the old city, is accessible to both Israelis and Palestinians: it is the only place where they are bound to meet. As for the rest, each side lives on one or the other sides of the Ibrahimi mosque and on one side or the other of Chouhada Street. A tourist is allowed to go within the settlements; the nearest one is only a few hundred feet after the synagogue: a fifteen-minute walk brings you to the heart of the settlement.

Those who wish to stay overnight can do what is usually done: sleeping at a local’s house. The service is offered by the Hebron Rehabilitation Committee (contact via e-mail) and by Hébron France (approximatively 150 shekels per person). It is the best way to learn more about the city and to take the time to see the old city again or to visit the famous glass blowing workshops. There is no nightlife to speak of: as opposed to Bethlehem, very few Christians live in Hebron and there is no place to drink alcohol at night. There are, however, several restaurant-cafés on the upper floors of buildings with panoramic views. 

Dans le service parti de Jérusalem, de Ramallah ou de Bethléem, le voyageur repensera avec étonnement aux conseils amicalement formulés, aux Tu verras prononcés d'un air entendu. Car sur cette route aux mille virages, entre les collines couvertes de vignes, il est difficile d'imaginer à quoi ressemblera la ville apartheid. Au même titre que Jérusalem, Hébron pâtit de la richesse de son héritage monothéiste. Son identité s'est construite autour des revendications des différentes confessions vis-à-vis du Tombeau des Patriarches où le prophète Abraham, sa femme Sarah, leurs fils Isaac et petit fils Jacob, ainsi que leurs femmes Rebecca et Leah seraient enterrés. Cette histoire dominée par la violence a culminé dans les années 90 avec le massacre de plusieurs dizaines de Musulmans dans la mosquée Ibrahimi par Baruch Goldstein, un extrémiste d'une colonie voisine. Depuis, des accords ont été passés, les Accords d'Hébron, signés en 1997, la ville est divisée en zones H1 (sous autorité palestinienne) et H2 (sous autorité israélienne) et une mission d'observation civile a été créée : TIPH ou Temporary International Presence in Hebron. Il est courant de croiser leurs membres, patrouillant dans la vieille ville, un appareil photo en bandoulière. Par ailleurs, 2000 soldats israéliens sont en poste dans les colonies attenantes au centre – 2000 soldats pour 500 colons, soit quatre soldats par personne.

Zone tampon précaire entre deux côtés irréconciliables, c'est par la vieille ville qu'il est le plus logique de commencer la visite. Il est possible de circuler seul facilement mais pour plus de clarté et d'éléments de contexte, il est recommandé de s'adresser à l'une des associations qui proposent des visites guidées. Breaking the silence est constituée de vétérans de l'armée israélienne, certains anciennement en poste à Hébron. A condition de s'inscrire plusieurs semaines à l'avance sur leur site, il est possible de faire partie d'un groupe qui part de Jérusalem le matin et rentre dans l'après-midi. Hebron Rehabilitation Committee et Hébron France proposent également des visites depuis le centre d'Hébron.

Dans le souk, le nombre de commerces ouverts diminue et le bruit s'estompe au fur et à mesure que l'on approche du coeur de la vieille-ville, dominée par la mosquée Ibrahimi, située légèrement en hauteur. Des portes métalliques similaires à celles de tout autre checkpoint de la région filtrent l'accès aux environs du lieu de culte. Les passeports étant généralement demandé à l'entrée, seuls les touristes qui ne portent un nom ni juif ni musulman ont le privilège de pouvoir visiter les deux moitiés d'Ibrahimi. Eglise romaine transformée en mosquée sous la dynastie des Omeyyades, puis agrandie et améliorée sous les Abbassides, les Fatimides et les Croisés, Ibrahimi est aujourd'hui coupée en deux, avec d'un côté, la mosquée traditionnelle et de l'autre, la partie aménagée en synagogue, de part et d'autre du tombeau d'Abraham. De l'intérieur, ces deux entités sont séparées par des portes en bois peu épaisses, ce qui fait qu'on entend, de la mosquée, les Juifs prier et, de la synagogue, les Musulmans. Malgré la splendeur intimidante du lieu, côté mosquée ou synagogue, la majorité des présents ne prie pas avec ferveur mais discute tranquillement, chantonne, sociabilise. Ce qui contraste nettement avec l'atmosphère tendue de la rue, symbolisée par les bips bips anxiogènes des checkpoints.

Une portion de la rue Chouhada, artère principale de la vieille ville, est accessible aux habitants des deux zones : c'est le seul endroit de la ville où Palestiniens et colons Juifs sont susceptibles de se croiser. Pour le reste, chaque camp est cantonné de part et d'autre de la mosquée Ibrahimi, de part et d'autre de la rue Chouhada. Le statut de touriste offre la possibilité, pour les plus curieux, de pousser jusqu'à l'intérieur des colonies, dont la plus proche commence cinq cents mètres plus bas que la synagogue. Il faut compter un quart d'heure de marche à l'intérieur de la colonie pour sortir du no man's land initial.

Ceux qui désirent passer la nuit sur place peuvent choisir l'option, répandue à Hébron, de dormir chez l'habitant : ce service est proposé par Hebron Rehabilitation Committee (à contacter par mail) et Hébron France (moyennant 150 shekels par tête). C'est l'occasion d'en apprendre plus sur la ville et de prendre le temps de refaire un tour dans la vieille ville le lendemain ou de passer visiter les souffleries de verre. La vie nocturne décevra les plus fêtards : contrairement à Bethléem, peu de Chrétiens vivent à Hébron et il n'existe pas de lieu où consommer de l'alcool le soir. On trouve en revanche une sélection de cafés-restaurants aux derniers étages d'immeubles, avec vue panoramique sur la ville.