Ollie land
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A few years ago, a pair of rollers managed to get into the encircled city of Qalqilia. Nowadays, a dozen young people skate all afternoon long. It touched a passing American filmmaker so much he decided to make a film about it, thanks to which the “X-Games team” will get a brand new half-pipe.

In a city as politically and economically devastated as Qalqilya, and isolated by the separation wall, it can be quite unsettling to cross paths with a dozen skating kids and teens. This means you’re nearing Sajed Abu-Ulbi’s barbershop. When American filmmaker Adam Abel met Sajed, it gave birth to a film (due to be released in 2015) and a brand new half-pipe. Located next to the zoo, behind a football court, the ramp is where Sajed and dozens of young skaters go to hang out. Most of them are under twelve years old; the younger kids are five at most. A couple of girls are among them, but don’t skate. The hi-fi speakers blast hip-hop music, as well as some neometal and dub.

Sajed is the pioneer of skate culture in Qalqilia: he himself has been a roller aficionado ever since his father brought him a second-hand pair he bought in Israel, where he worked. Nowadays, when you see this thirty-year-old dreadhead going full speed down the steep slopes of Qalqilia, you realize the amazing potential of skates and rollers in hilly Palestine. Despite the scepticism and criticism of the inhabitants of Qalqilia, Sajed created a following among the city’s youth where “there’s nothing else to do,” according to Abdullah, 15, who started skating last year. According to Sajed, “people started changing their minds when they saw it was a social, useful and fun activity. It’s much better than being bored in the streets.” That’s how the X-games team was born: Sajed reunited young people from Qalqilia around skate culture.

© Cédric Dolanc

 

Skaters, rappers, and parkour

In 2010, Adam Abel went to Palestine to produce a piece on the separation wall, in the framework of a documentary project about physical borders. With his assistant Mohammed Othman, he met Sajed in Ramallah, through Nizar, a mutual friend. Fascinated by the character, he went to Qalqilia to photograph Sajed’s X-games before deciding to make a documentary out of it, set for release in 2015. The documentary also shows the X-games team’s talents in Parkour.

Since then, Adam and Sajed received the help of the Dubai-based Tashkeel foundation, in order to buy skateboards and to build a professional-grade ramp in 2013. The ramp was designed by American pro skaters Kenny Reed, Brian Patch and skater-engineer Dave Duncan, under the supervision of Brad Kirr – they all went to Qalqilia for this mission.

Sajed is a self-taught skater and he wishes that “the foreigners who come here really invested themselves in youth organizations. It’s important to give hope to the young, by teaching them things they don’t have the opportunity to see here. My priority is to stimulate these children’s talents.”

Il y a quelques années, une innocente paire de rollers est parvenue à pénétrer la ville « prison » de Qalqilya. Aujourd'hui des dizaines de jeunes y font du skate à longueur d'après-midi. Ce qui a chamboulé un réalisateur américain pourtant venu pour autre chose au point qu'il en fasse en film, qui vaudra à la X-games team une half-pipe toute neuve.   

Dans une ville aussi politiquement et économiquement sinistrée que Qalqilya, isolée par le mur de séparation qui l’entoure, il peut être assez déstabilisant de croiser tout à coup une douzaine d’enfants et jeunes ados en train de faire du skate au coin d'une ruelle. C’est signe que vous approchez du salon de barbier de Sajed Abu-Ulbi, dont la rencontre avec le réalisateur New-Yorkais Adam Abel est à l’origine tant du film à venir sur la X-games team que de la nouvelle half-pipe du crew.

Sajed est le pionnier de la culture du skate à Qalqilya, bien que lui-même pratique le roller, depuis que son père lui a ramené un jour une paire acheté d'occasion en Israël où ce dernier travaillait. Aujourd'hui, quand on voit ce « dreadhead » de 30 ans dévaler à toute allure les pentes raides des environs, on s'étonne presque que personne avant lui n'ai fait usage de cette outil dans un paysage où, paradoxalement, ce moyen de déplacement a de fait des avantages évidents. En dépit du scepticisme des Qalqiliites, Sajed a fait des émules auprès des jeunes dans cette ville où « il n'y a rien d'autre à faire » selon Abdullah, 15 ans, qui s'est mis à son tour au skate en début d'année. Pour Sajed, « l'opinion des gens a peu à peu commencé à changer en réalisant que c'est une activité sociale, ludique et utile. C'est bien sur plus constructif que de juste s'ennuyer dans la rue. »

© Cédric Dolanc

 

Skateurs, rappeurs et parkour

En 2010, Adam Abel se rend en Palestine pour travailler sur le mur dans le cadre d'un projet de documentaire sur les frontières physiques. Flanqué de son assistant Mohammed Othman, il rencontre Sajed à Ramallah via Nizar, un ami commun. Fasciné par le personnage, il se rend à Qalqilya pour photographier la team X-games de Sajed puis décide de faire un documentaire sur le sujet, qui devrait sortir l'an prochain. Il met également en perspective les talents de la X-games team en matière de Parkour.

Depuis, Adam et Sajed ont obtenu le soutien de la fondation dubaïote Tashkeel pour la construction d'une rampe de skate professionnelle en 2013, conçue par les skaters pro américains Kenny Reed, Brian Patch et l' « ingénieur-skateur » Dave Duncan sous la houlette du coordinateur Brad Kirr.

La rampe se trouve juste derrière le Zoo de Qalqilya, adjacente au terrain de foot accueillant régulièrement le marché aux goyaves.

Sajed, autodidacte (ou « webdidacte ») souhaite que « les étrangers qui viennent ici s'investissent réellement dans les organisations pour la jeunesse. Il est important qu'ils apportent de l'espoir aux plus jeunes, en leur apprenant des choses qu'ils ne voient pas ici. La priorité pour moi, c'est que l'on puisse stimuler les talents de ces enfants. »