Palestinian Rapperz: escaping with poetry
Palestinian Rapperz : s’évader par la poésie
Back to English version
Lire en version originale

Originally from Nazareth, Ayman Jamal has been living in Gaza since 1996. As a child, this 29-year-old rapper dreamed of becoming a diplomat to defend and represent Palestine abroad. He since became project manager in ONGs and is the co-founder of the first hip-hop collective in Gaza, Palestinian Rapperz.

 

 

What brought you to hip-hop?

AJ: I always was an activist. I want to make things and say things. I like writing, and hip-hop is an art that suits me. It led me to activism, through creation and not through violence. In 2003, I created Palestinian Rapperz (PR) with two friends, Mohammed Alfarra aka Alfarra and Mahmoud Fayyad aka Kan’an.

What are the themes you tackle in your songs?

AJ: Making hip-hop is an antidepressant to the situation in Gaza, a way of raising your voice against the political situation and against the lives we are forced to lead. Our songs talk about everyday life, about the political situation, the repeated assaults of Israel against our country. I like writing about the children of Gaza, watching them play in the streets and describing what they do.

How do you broadcast your work?

AJ: Unfortunately, we do not have a music industry to speak of, nor do we have any legislation on copyright. In the Arab world, everything is produced and broadcast on the Internet. We have to protect our songs any way we can… We broadcast part of our music on social media, which allowed us to become known abroad. We performed several times in festivals in Europe. It’s a pretty cool compensation for not having a music industry!

What is your relationship to the authorities in Gaza?

AJ: Bad, obviously. The authorities see hip-hop as a Western product, something that goes against Islam. Censorship is the norm. When Hamas took over in 2006, it became very hard to perform in public… We always have to ask for authorizations from the Ministry of Culture. One of my friends, also a rapper, was kidnapped and interrogated after a concert. I received threats. I keep going, regardless. I won’t stop denouncing. But I don’t do it in public anymore. But it doesn’t matter: they know who I am now.

What’s life like when you’re 25 in Gaza? Where do you go out? What are the places you like?

AJ: Young people are frustrated. Their lives boil down to this: house, school, university, unemployment. There is no work in Gaza. The main distraction is going to the coffee shop to smoke a hookah. After the war, the business of selling Schengen visas soared. More and more young people decided to leave Gaza. I like to go to the beach to relax. My favorite spot is the Marna Restaurant and Hotel, near the Shifa hospital. I like its atmosphere.

Originaire de Nazareth, Ayman Jamal vit à Gaza depuis 1996. Tout jeune déjà, ce rappeur de 29 ans s’imaginait faire carrière dans la diplomatie pour défendre et représenter la Palestine à l’étranger. Devenu chef de projet au sein d’organisations non gouvernementales, il est co-fondateur du premier collectif de hip-hop de Gaza, Palestinian Rapperz.

 

Qu’est-ce qui t’a amené vers le hip-hop ?

AJ : J’ai toujours été activiste… J’ai envie de faire et de dire des choses… J’aime l’écriture, et le hip-hop est un art qui me correspond. Il m’a ouvert la voie de l’engagement par la création et non la violence. En 2003, j’ai fondé le collectif Palestinian Rapperz (PR) avec deux amis, Mohammed Alfarra aka Alfarra et Mahmoud Fayyad aka Kan’an.

Quels sont les thèmes que tu abordes dans tes chansons ?

AJ : Faire du hip-hop est pour moi un antidépresseur face à la situation de Gaza, une façon de hausser le ton à propos de la politique et de nos conditions de vie. Nos chansons évoquent la vie quotidienne, la situation politique, les attaques régulières d’Israël sur notre pays. J’aime écrire sur les enfants de Gaza, les observer jouer dans la rue avant de décrire leurs comportements.

Comment diffuses-tu ton travail ?

AJ : Malheureusement, nous n’avons pas d’industrie musicale ni de réglementation sur les droits d’auteurs. Dans le monde arabe, tout est produit et diffusé sur internet. Nous devons protéger notre répertoire comme on peut… Nous diffusons une partie de notre musique sur les réseaux sociaux, ce qui nous a permis d’être connus à l’étranger. Nous avons joué plusieurs fois dans des festivals en Europe. C’est une chouette contrepartie !

Quelles relations as-tu avec les autorités de Gaza ?

AJ : Elles sont mauvaises, c’est évident. Les autorités voient le hip-hop comme une culture occidentale et contraire à l’islam. Nous sommes victimes de la censure. Quand le Hamas a pris le pouvoir en 2006, c’est devenu très compliqué de jouer en public… On doit continuellement demander des autorisations au ministère de la Culture. Un de mes amis, également rappeur, s’est fait kidnapper et interroger après un concert. J’ai reçu des menaces. Malgré tout, je continue. Je ne vais pas m’arrêter de dénoncer. Mais je ne le fais plus en public. De toute manière, ils me connaissent maintenant.

A quoi ressemble la vie quand on a 25 ans à Gaza ? Où sort-on ? Quels sont les lieux que tu affectionnes ?

AJ : Les jeunes sont frustrés. Leur vie se résume ainsi : maison, école, université, pour ensuite être au chômage… Il n’y a pas de travail à Gaza. La distraction principale, c’est d’aller au café fumer le narguilé. Après la guerre, la vente de visas Schengen a explosé. De plus en plus de jeunes sont décidés à quitter Gaza. Moi, je vais sur la plage pour me détendre… Mon spot favori, c’est le Marna Restaurant and Hotel, proche de l’hôpital Shifa. J’aime l’atmosphère de cet endroit.