Singer, grinding machine
Singer, machine à moudre
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A barista creates a new coffee culture in Beit Sahour

Tariq Elayyan is thirty years old. Ever since he opened Singer in Beit Sahour, where one can taste some of the best coffee in the country, he became a savior for all the monocoffeists who worship the drink. If it's your case, or if you just feel like relaxing or working in a lovely setting, head to Singer café.

Ever since it opened in october 2013, Singer has filled a gap in the huge selection of coffee shops and restaurants in Bethlehem. It boasts a beautiful menu of italian coffee, in a calm and intimate setting, with its library and local products. Located behind the Beit Sahour town hall, Singer is at a reasonnable distance from the Bethlehem center and its busloads of tourists every day: hence its surprising mix of patrons: locals, backpackers who were charmed by the care given to every drink, and regulars, usually Jerusalemites in to visit their friend Tariq. The clients, the quality of the drinks and the educative dimension of its library make Singer a unique spot in the city.

Tariq Elayyan worked as a barista for seven years, to pay for his film studies, before putting a pause to his documentary ambitions and opening his own place, where he emphasizes the know-how he was taught in different coffee shops in Jerusalem. It was a risky bet in Palestine, the difficulties tied to the political situation turn any business endeavour into a risk. Tariq feels he is a pionneer: "I want to create a new coffee culture here. It's not very obvious, here, to pay ten shekels for italian coffee," he explains. "I'm addicted to coffee, and I couldn't find any here early in the morning. Coffee shops open at ten or eleven am; I need mine at eight am." Tariq is the father of an eight-months-old girl and decided to establish his "second baby" in a little abandoned family house in Beit Sahour, where rental prices are much lower than those of Bethlehem, and far from those of Ramallah; he doesn't like Ramallah's agitation, nor "its superficiality". He decorated Singer with vintage, used furniture – because "the new doesn't have any soul" – and old sewing machines – a dozen of them – of the famous American brand which gave Singer its name.

Tariq decorated the walls with the works of Ayed Arafah, a Jerusalem native who grew up in Dheisheh Camp. Portraits of Mahmoud Darwish and Leila Khaled are hung next to those of Malcolm X and Fidel Castro. Tariq put up his favorite one – showing John Lennon and the Che in a boxing match – above the bar: "he made it especially for me." The works are for sale, as are the printed t-shirts by artist Mujahed Khallaf (approximately 60 NIS).

"I want to support local craftsmen and I sell their products and their art without making any profit," Tariq tells us. On Sundays, Singer organizes politic tours of the city (125 NIS)

Apart from its decadent selection – such as the Irish coffee with cinnamon (20 NIS, highly recommended but drink moderately: whiskey and cream can be a mischievous mix if you're planning on taking a service taxi afterwards), Tariq has a ncie selection of sandwiches, salads, soups, pastries and ... Belgian beer, which he loves. The menu and the atmosphere will make you want to stay longer than originally planned: come with cash, as paying by credit card isn't possible yet. "We're supposed to get the machine next week," says Tariq, "but you know how it is here..."

Singer is located between the Beit Sahour town hall and the Dar El Balad hotel, and is open from 8am to 9 pm.
 

Un barista tente de proposer une nouvelle "coffee culture" à Beit Sahour

À 30 ans, Tariq Elayyan n’a pas encore l’âge (mais déjà la barbe) de la plus fameuse célébrité liée à la commune. Depuis qu'il a ouvert le Singer à Beit Sahour, où l’on peut déguster l’un des meilleurs café du pays, il risque cependant d’endosser le rôle du sauveur pour tous les maniaques du café pour qui cette boisson a des allures de culte. Si c’est votre cas, où que vous voulez simplement vous détendre (ou travailler) dans un cadre tranquille, ce serait pêché que de faire une croix sur cet endroit qui pourrait bien être le clou de votre journée. 

Depuis son ouverture en octobre 2013, le café Singer a comblé une brèche de taille dans l’offre pourtant importante de cafés et locaux gastronomiques de Bethléem, avec une superbe carte de spécialités à base de café italien, dans un lieu tranquille et intimiste, dotée d’une petite bibliothèque et proposant des produits d’artisans locaux. Situé derrière la mairie de Beit Sahour, le Singer est à une distance raisonnable du centre de Bethléem et des cargaisons de pèlerins qui y débarquent quotidiennement, ce qui explique en partie sa clientèle inhabituelle pour la ville car très mixte, mélange de locaux, de « backpackers » séduits par le soin apporté aux breuvages et d’habitués venant de Jérusalem voir leur ami Tariq. Conjuguées à la clientèle, la qualité des boissons et la dimension éducative de la librairie confient au Singer une atmosphère unique dans l’agglomération.

Tariq Elayyan a travaillé comme barista pendant sept ans pour financer ses études de cinéma, avant de mettre en veille ses ambitions de documentariste et créer son propre lieu, où il met à profit le savoir-faire acquis dans différents cafés de Jérusalem. Le pari était risqué en Palestine puisque, en plus de faire face aux difficultés inhérentes à la situation politique du pays - qui rendent d’autant plus ardue la mise en place de toute entreprise économique - Tariq a des ambitions de pionnier avec sa gamme de produit. « J’essaye de créer une nouvelle culture du café. Ici, il n’est pas du tout évident pour des clients de payer dix shekels pour un café italien» explique-il-il. «Je suis accro au café et ici, il m’était impossible d'en trouver de bon matin. Les cafés ouvrent à dix ou onze heure; moi j’ai besoin de mon café à huit heures. »  

Ce père d’une petite fille de huit mois a décidé d’implanter ce qu’il appelle « (s)on second bébé » dans une maison familiale abandonnée, à Beit Sahour, où les loyers sont plus modestes qu’à Bethléem, et loin de Ramallah, dont il n’apprécie guère l’agitation et « la superficialité ». Il l’a décoré de meubles usagées - parce que « le mobilier neuf n’a aucune âme » - et des machines à coudre anciennes - plus d’une dizaine - de la célèbre marque américaine qui ont inspiré son nom à l’endroit.

L’atmosphère détendue et le décor familial ne doivent en aucun cas faire oublier la vocation militante du lieu, autoproclamé « lieu d’art et d’éducation ». Tariq a orné les murs des œuvres d’Ayed Arafah, natif de Jerusalem qui a grandi dans le camp de Dheisheh. Les portraits de Mahmoud Darwish et Leila Khaled y côtoient ceux de Malcolm X et Fidel Castro. Tariq a accroché son favori -montrant John Lennon et le Che au « cordes à cordes » - au-dessus du bar: « Il l’a fait spécialement pour moi ». Les tableaux sont disponibles à la vente, de même que les T-shirts imprimés de l’artiste Mujahed Khallaf (environ 60 NIS) et de l’huile d’olive artisanale de Beit Jala (25 NIS). « Je cherche à soutenir les artisans locaux et vends leurs produits et leur art sans me faire aucune marge » promet Tariq. Enfin, le Singer organise le dimanche des visites de l’agglomération et son entourage, montrant le contexte politique terriblement épineux de la région (125 NIS).

Outre des spécialités très gourmandes comme l’Irish coffee à la crème saupoudrée de cannelle (20 NIS, hautement recommandable mais à consommer avec modération, le mélange de Whisky et de crème fraîche pouvant se révéler facétieux si vous voyagez par la suite en « service »), Tariq propose une belle variété de sandwichs, salades, soupes, pâtisseries et... bières belges qu'il affectionne. Tant la carte que l’atmosphère peuvent inciter les clients à rester plus longtemps qu’initialement prévu, envisagez par conséquent d'y venir doté une petite réserve de monnaie: le paiement par carte bancaire n’y est pas encore possible. « Normalement, il est prévu qu’on ait la machine la semaine prochaine » précise Tariq « mais bon, tu sais comment ça se passe par ici… » 

Le Singer café est situé entre la mairie de Beit Sahour et l’hôtel Dar El Balad, et est ouvert de 8h à 21h tous les jours.