Taboo is the alter-native
L’"alter-native", c'est Taboo
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Taboo's success is mainly due to its late opening hours but also to the personality of its owner.

As opposed to Nablus, Hebron or Jenin, Bethlehem is not a dry city and one can find all types of alcohol and liquors – Bethlehem even produces a nice red wine. Nonetheless, the existence of a night bar in a place so devoted to religious tourism is surprising. If you wish to have one last drink after the midnight hour, or simply feel like going out in a non-religious place, head to Taboo, in Beit Jala's main street. It is there, among the garnet-coloured walls where hang African and Native American masks, that a lot of the locals go when they want their night to continue with reggae, dub, lounge, or electro music.


Ruslan Mukarker opened Taboo in 2006 in his grandfather's house. His grandfather is the one who convinced him to stay in Palestine, as opposed to his two brothers (his twin is a filmmaker in Sweden). "He asked me to stay and to open a business. I said I'd try, just to see, for a year. It wasn't to everyone's taste but I saw it was a good business. That was eight years ago. When you have a good business going, it's hard to get away." A former student in tourism, Ruslan went to train in Minorca, and wanted to contribute to developing tourism in Palestine. "I wanted to offer tours of the desert in jeeps, but the idea wasn't very popular at the Ministry of Tourism,” he says, reminiscing of a time when "tourists coming from Israel didn't just drop by the Nativity but actually stayed in Bethlehem – at least for a few hours. They're afraid to do so today, which is understandable since the Israelis – especially the media – show them Palestine as a dangerous place where anything could happen." He recalls that when he was still a kid, he would "sell water bottles to tourists for a dollar. It was a good business."

Psychedelic electronic

Ruslan is an extremely friendly character. He attempts to divide his time between his wife, his two (soon to be three) children, his bar and his big passion: psychedelic music. Under the moniker "Ross Taboo" , he performs in festivals (when he can: most festivals, like Mukti – where he had to cancel his set – happen in Israel) or at Lawain (internal link to « Ramallah by night) and he plays his mixes in his bar. “For the time being, I mix with other people's music but my dream is to start composing my own music.” His other dream is to leave. No specific destination: he wants to go somewhere where his children can lead a simpler life. “I'm in no hurry, though. It'll be in ten years. I want to have time to prepare this and to make things right.” Just as he did for Taboo.

Le succès du Taboo tient pour beaucoup aux heures d'ouvertures tardives, mais aussi et surtout à la personnalité du patron, que nous vous invitons à rencontrer.

Contrairement à Naplouse, Al-Khalil ou Jenin, Bethléem n’est pas une ville « sèche » et on y trouve au besoin tous types de boissons et spiritueux (on y produit d’ailleurs des vins tout à fait appréciables, surtout les rouges). Pour autant, la présence d’un bar de nuit dans un endroit aussi pieusement dévouée au tourisme religieux n’en demeure pas moins remarquable. Si vous voulez ponctuer votre soirée d’un dernier verre après les douze coups de minuit ou ressentez simplement le besoin de remettre un pied dans le profane, c’est au Taboo, dans la rue principale de Beit Jala, que vous devriez vous rendre. C’est entre ses murs rouge grenat décorés de masques africains et amérindiens que se retrouve une grande partie des Bethléemites souhaitant prolonger leur soirée, sur fond de musique reggae, dub, lounge ou électro-psyché.

Ruslan Mukarker a ouvert le Taboo en 2006 dans la maison de son grand-père qui l’a convaincu de rester en Palestine, au contraire de ses deux frangins (son frère jumeau est cinéaste en Suède). « Il m’a demandé de rester et d’ouvrir un business. J’ai répondu que j’allais tenter le coup pour voir, juste pour un an. Ca n’a pas plus à tout le monde mais ça j'ai constaté que c'était un bon business. C’était il y a huit ans. Quand vous avez une entreprise qui tourne, il est difficile de s’en séparer. » Ancien étudiant en tourisme parti apprendre le métier à Minorque, Ruslan souhaitait contribuer développer le secteur du tourisme en Palestine en diversifiant l’offre: « J’avais pour projet de proposer des tours du désert en jeep pour les touristes, mais ça n’a pas trouvé une grande résonance auprès du ministère du tourisme. » affirme-t-il, nostalgique d’une époque où « les touristes venants d’Israel ne se contentaient pas de faire le tour de l’Eglise, mais restaient à Bethléem au moins quelque heures. Aujourd’hui, ils ont peur, ce qui est compréhensible puisque les Israéliens, et en particulier des médias, leur présentent la Palestine comme un d'endroit dangereux, où tout peux leur arriver. » Il raconte que, quand il était encore enfant, « (il)  vendait des bouteilles d’eau aux touristes pour un dollar. C'était très rentable. » Il fait mine d'ignorer que la pratique est encore commune autour de la place de Nativité et de la rue de l’Etoile (Start streer).

Psychedelic electronic

Ruslan est un personnage affable au possible, qui tente tant bien que mal de répartir son temps entre sa femme et ses deux (bientôt trois) enfants, son bar et sa grande passion: la musique psychédélique. Sous le nom de « Ross Taboo », il se produit dans des festivals (quand il peut s’y rendre, car ils ont souvent lieu en Israël, comme le Mukti où il a dû annuler son set) ou à Lawain (internal link to « Ramallah by night), et passe ses mix dans son bar. « Pour l’instant, je réalise des mix avec la musique faite par d’autres, mais mon rêve, c’est de commencer à composer mes propres sons». Son autre rêve, c’est, un jour, partir d’ici. Sans destination spécifique, mais pour aller quelque part ou ses enfants auront une vie plus simple. « Mais je ne suis vraiment pas pressé. C’est pour dans dix ans. J’ai envie de me laisser le temps de préparer ça et de faire les choses bien. » Comme il l’a fait pour le Taboo, somme toute.